Aller au contenu principal

france-demission.fr

Générateur de lettre de démission gratuit

Abandon de poste ou démission : que dit la loi ?

Depuis 2023, abandonner son poste peut être assimilé à une démission. Voici ce que change la présomption de démission et pourquoi démissionner proprement reste préférable.

Par la rédaction de france-demission.fr · Publié le · Mis à jour le

Qu'est-ce que l'abandon de poste ?

L'abandon de poste désigne le fait, pour un salarié, de cesser de se présenter à son travail sans autorisation et sans justification, tout en étant censé travailler. Ce n'est pas une démission : la démission suppose une volonté claire et non équivoque de rompre le contrat, ce que l'absence seule ne démontre pas.

Pendant longtemps, l'abandon de poste conduisait souvent à un licenciement pour faute, qui ouvrait droit au chômage. La règle a changé.

La présomption de démission depuis 2023

Depuis la loi n° 2022-1598 du 21 décembre 2022 (dite « loi marché du travail ») et son décret d'application n° 2023-275 du 17 avril 2023, le salarié qui abandonne volontairement son poste et ne reprend pas le travail après une mise en demeure peut être présumé démissionnaire. Cette règle figure à l'article L. 1237-1-1 du Code du travail. Concrètement, l'employeur peut considérer le contrat comme rompu par démission plutôt que de procéder à un licenciement.

La conséquence est lourde : assimilé à une démission, l'abandon de poste ne donne, en principe, plus droit aux allocations chômage.

La procédure de mise en demeure

  1. L'employeur adresse au salarié absent une mise en demeure (par lettre recommandée ou remise en main propre contre décharge) lui demandant de justifier son absence et de reprendre son poste.
  2. La lettre fixe un délai de reprise, qui ne peut pas être inférieur à 15 jours calendaires.
  3. Si le salarié ne reprend pas le travail et ne fournit pas de motif légitime dans ce délai, il est présumé avoir démissionné.

Les motifs légitimes qui écartent la présomption

La présomption de démission ne peut pas s'appliquer si votre absence s'explique par un motif légitime, notamment :

  • des raisons médicales (arrêt de travail, état de santé) ;
  • l'exercice du droit de retrait face à un danger grave et imminent ;
  • l'exercice du droit de grève ;
  • le refus d'exécuter une instruction contraire à la réglementation ;
  • la modification unilatérale du contrat de travail par l'employeur (baisse de salaire, changement de poste imposé…).

Si vous êtes dans l'un de ces cas, répondez à la mise en demeure en indiquant le motif, justificatifs à l'appui. En cas de désaccord, le salarié peut saisir le conseil de prud'hommes, qui statue directement en bureau de jugement dans un délai d'un mois.

Pourquoi démissionner proprement est préférable

Recourir à l'abandon de poste pour « forcer » un licenciement n'est donc plus une stratégie gagnante. Une démission formalisée présente plusieurs avantages :

  • Vous gardez la maîtrise du calendrier grâce à un préavis clair (voir notre guide sur le préavis).
  • Vous évitez un conflit et préservez vos relations professionnelles et d'éventuelles recommandations.
  • Vous récupérez sans délai vos documents de fin de contrat.
  • Si votre objectif est de toucher le chômage, mieux vaut explorer la rupture conventionnelle ou un cas de démission légitime.

Questions fréquentes

L'abandon de poste permet-il encore de toucher le chômage ?

En principe, non. Depuis avril 2023, le salarié qui abandonne son poste et ne reprend pas le travail après mise en demeure est présumé démissionnaire : la rupture est traitée comme une démission, qui n'ouvre pas droit à l'allocation chômage (sauf cas de démission légitime). L'ancienne « stratégie » consistant à se faire licencier pour faute afin de toucher l'ARE ne fonctionne plus.

Quel délai l'employeur doit-il me laisser pour reprendre ?

La mise en demeure doit fixer un délai d'au moins 15 jours calendaires, à compter de sa présentation, pour que le salarié justifie son absence ou reprenne son poste. Ce minimum est fixé par le décret n° 2023-275 du 17 avril 2023.

Quels motifs d'absence écartent la présomption de démission ?

Notamment : des raisons médicales, l'exercice du droit de retrait face à un danger grave et imminent, l'exercice du droit de grève, le refus d'exécuter une instruction contraire à la réglementation, ou la modification unilatérale du contrat de travail par l'employeur. Si vous invoquez un tel motif en réponse à la mise en demeure, la présomption ne peut pas s'appliquer.

Puis-je contester une présomption de démission ?

Oui. Le salarié peut saisir le conseil de prud'hommes pour contester la rupture de son contrat sur le fondement de la présomption de démission. L'affaire est portée directement devant le bureau de jugement, qui doit se prononcer dans un délai d'un mois.

Sources officielles

Cet article s'appuie sur les textes et ressources publiques suivants, consultés lors de sa dernière mise à jour :

Pour aller plus loin

Optez pour une démission en bonne et due forme

Notre générateur produit une lettre de démission claire et conforme, la meilleure alternative à l'abandon de poste.

Créer ma lettre de démission